Réforme des retraites : pour les enseignants, « la coupe est pleine » – Le Monde


Un manifestant, boulevard des Invalides, à Paris, mardi 10 décembre, lors de la manifestation  interprofessionnelle et intersyndicale contre le projet de réforme des retraites.
Un manifestant, boulevard des Invalides, à Paris, mardi 10 décembre, lors de la manifestation  interprofessionnelle et intersyndicale contre le projet de réforme des retraites. BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »

Sabine, Jean-Michel, Sandrine, Benjamin… Ils se définissent désormais com­me « enseignants grévistes », gommant, au fil de leurs témoignages, les différences de niveaux, de matières enseignées, d’expérience, de rémunérations, d’affectations. Et même leurs appartenances syndicales – quand ils en ont. Le 5 décembre, ils ont défilé contre le projet de réforme des retraites, de Paris à Rennes en passant par Dijon, et la plupart d’entre eux ont « remis ça » mardi 10 décembre. Entre les deux dates, le taux de mobilisation dans le monde enseignant a baissé, passant de 45 %, en moyenne au niveau national, à 16 %, selon le ministère de l’éducation, alors que les syndicats annoncent des taux beaucoup plus hauts.

Une confiance « sérieusement entamée » en leur ministre

Mais leur constat n’a pas varié : la « confiance », maître mot de leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, est, disent-ils, sinon « rompue », du moins « sérieusement entamée ». « On est prof, on sait lire, on sait compter, ironise Dominique, qui enseigne en maternelle dans la Loire. Nous répéter qu’avec la réforme des retraites, les enseignants vont y gagner, c’est nous prendre pour des imbéciles ! »

« Les assurances ministérielles finissent par être contre-productives, réagit aussi Mathieu, professeur en lycée près de Rennes. On nous répète qu’on n’a rien compris, qu’on est mal informé… Cela jette de l’huile sur le feu. »

« La réforme aboutira à une augmentation des rémunérations », assure Jean-Michel Blanquer.

Invité de France Inter mardi, Jean-Michel Blanquer a affirmé que « s’il y avait le retrait de la réforme » – une « hypothèse d’école [qui] n’arrivera pas » –, les professeurs en seraient les « principales victimes », puisque, selon lui, « tout un pan de la justification [des hausses de primes] ne serait plus là ».

Dans une interview donnée au Parisien le 5 décembre, le ministre de l’éducation trouvait « dommage de se mettre en grève alors que la réforme aboutira à une augmentation des rémunérations ». « La ficelle est un peu grosse, estime Jean-Michel, enseignant de lycée mobilisé à Brest (Finistère). L’excès de communication nuit à sa crédibilité. »

Si M. Blanquer a repris à son compte l’estimation de 400 millions d’euros de revalorisation annuelle des enseignants, donnée par Bercy, il n’en a pas dit plus de l’impact qui pourrait en découler sur la feuille de paie. Pas encore : le ministre de l’éducation devait s’exprimer dans le sillage du premier ministre, mercredi 11 décembre.

Source: lemonde.fr

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