Patrick Balkany demande une nouvelle fois sa remise en liberté: « Je ne mérite pas tout ce qu’on me met sur la tête » – BFMTV.COM

Sur les bancs du public, ses soutiens essuient leurs larmes. Pendant cinq minutes ce lundi après-midi, Patrick Balkany a pris la parole pour se défendre et réclamer une nouvelle fois à la justice sa remise en liberté, lui qui est incarcéré depuis le 13 septembre dernier et sa condamnation à 4 ans de prison pour “fraude fiscale”. “On me fait un mauvais procès, je ne mérite pas tout ce qu’on me met sur la tête”, lance-t-il au terme d’un long monologue. 

“Ce n’est pas le fait d’être enfermé, c’est le fait d’être considéré comme un pestiféré. Je vous le dis, je le pense, je ne le mérite pas”, a -t-il ajouté.

Ce lundi après-midi, la cour d’appel de Paris examinait la deuxième de remise en liberté de Patrick Balkany. Le maire de Levallois-Perret a été condamné une première fois en septembre, puis le 18 octobre, à 5 ans de prison dans le volet pour “blanchiment de fraude fiscale”. D’abord dans le volet pour fraude fiscale, il avait obtenu sa remise en liberté, soumise au paiement d’une caution de 500.000 euros. Mais le 13 novembre, la justice a refusé sa deuxième demande, poussant l’élu à en déposer une nouvelle.

Amaigri et affaibli

La cour d’appel a considéré qu’il existait des risques de concertation ou de pression sur des témoins alors que Patrick Balkany sera jugé en appel dans ce volet pour “blanchiment de fraude fiscale” au mois de février prochain. D’ici là, il est en détention provisoire à la prison de la Santé. Vêtu d’une chemise rose, d’un pull fuschia, derrière ses lunettes fumées, Patrick Balkany, amaigri, visiblement affaibli, a assisté à l’examen, d’abord en tant que spectateur, hagard, avant de se défendre.

Si la cour était composée de la même manière que lors des dernières audiences, les changements sont intervenus sur les bancs de la défense. Exit Eric Dupond-Moretti et Antoine Vey, c’est Romain Dieudonné qui assure désormais la défense de Patrick Balkany. Il a alors repris les arguments avancés en novembre par la justice pour rejeter la demande de mise en liberté de son client pour s’y opposer, remettant en cause l’interprétation faite par la cour de l’article régissant la détention provisoire.

“Je ne me suis jamais dérobé”

Les risques de concertation avec des complices? “La seule autre mise en cause, c’est Isabelle Balkany. Il y a eu un rejet car il existerait un risque de concertation, ça me semble léger car Isabelle Balkany rend visite à son époux 3-4 fois par semaine”, avance l’avocat, qui rappelle également que Patrick Balkany a enregistré auprès de la prison de la Santé le numéro de son épouse, “si bien qu’ils s’appellent 10 fois par jour”. Les risques de pression sur des témoins? 

“C’est frustrant de s’entendre opposer des arguments larges, déplore Me Dieudonné. Il y a risques de concertation mais on ne sait pas lesquels. (…) Les témoins ont déposé, leurs propos sont consignés. On ne dit pas qui sont ces témoins.”

Patrick Balkany a alors pris la parole se disant “choqué”. “Je n’ai jamais eu l’intention de quitter le territoire, aujourd’hui moins que jamais, a entamé le maire. Je ne me suis jamais dérobé.” Avant de rappeler son engagement politique: “J’ai 71 ans, j’ai été 25 ans député de la République, 37 ans que je suis maire, j’ai plus donné dans ma vie. Je n’ai fait que ça, on n’est pas maire 37 ans pour rien.”

Dans le public, on acquiesce. “Je suis arrivée à Levallois à l’âge de 5 ans, j’en ai 69, je vote pour Patrick Balkany depuis 1983, c’est mon maire, il fait tout pour nous”, s’agace une femme à la sortie de l’audience, dénonçant un “acharnement”. La cour d’appel de Paris rendra, elle, sa décision le 9 décembre prochain sur cette deuxième demande de remise en liberté de Patrick Balkany. Le ministère public s’est fermement opposé à cette requête.

Source: bfmtv.com

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