Le Nobel de chimie récompense trois chercheurs pour leurs travaux sur les batteries au lithium – Le Monde

John Goodenough, Stanley Whittingham et Akira Yoshino ont permis le développement des batteries au lithium, aujourd’hui présentes dans de nombreuses technologies du quotidien.

Publié aujourd’hui à 12h05, mis à jour à 13h22

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Le secrétaire général de l’Académie royale suédoise des sciences, Göran K. Hansson, annonce les noms des lauréats du Nobel de chimie, le 9 octobre 2019.
Le secrétaire général de l’Académie royale suédoise des sciences, Göran K. Hansson, annonce les noms des lauréats du Nobel de chimie, le 9 octobre 2019. NAINA HELEN JAMA / AFP

Le prix Nobel de chimie a récompensé, mercredi 9 octobre, l’Américain John Goodenough, le Britannique Stanley Whittingham et le Japonais Akira Yoshino, pour l’invention des batteries au lithium, aujourd’hui présentes dans de nombreuses technologies du quotidien.

« Ce type de batterie légère, rechargeable et puissante est maintenant utilisée partout, dans les téléphones et ordinateurs et les véhicules électriques. Elle peut également conserver des quantités significatives d’énergie solaire et éolienne, ouvrant la voie à une société libérée des énergies fossiles », a expliqué l’Académie suédoise royale des sciences, qui décerne le prix.

Dans le sillage des crises pétrolières des années 1970, Stanley Whittingham s’est mis en quête de sources d’énergie non fossiles. C’est ainsi qu’il crée une cathode innovante dans une batterie au lithium à partir du disulfure de titane (TiS2).

John Goodenough, qui devient à 97 ans le plus vieux lauréat Nobel de l’histoire, a ensuite prédit que les propriétés de cette cathode pouvaient être augmentées si elle était produite à partir d’oxyde métallique au lieu de disulfure. En 1980, il a démontré que la combinaison d’oxyde de cobalt et d’ions de lithium pouvait produire jusqu’à 4 volts. Akira Yoshino a par la suite créé la première batterie commerciale, en 1985.

Premier métal du tableau périodique des éléments de Mendeleïev, le lithium est aussi le plus léger, une caractéristique prisée pour les appareils électroniques.

Cinq femmes primées

Le prix de chimie 2018 était allé à l’Américaine Frances Arnold et son compatriote George Smith ainsi qu’au Britannique Gregory Winter pour leurs travaux exploitant les mécanismes de l’évolution pour créer de nouvelles et de meilleures protéines en laboratoire.

Avant Frances Arnold, Marie Curie (1911), sa fille Irène Joliot-Curie (1935), Dorothy Crowfoot Hodgkin (1964) et Ada Yonath (2009) avaient été distinguées en chimie.

Quand elle reçut son prix, Marie Curie devint la première lauréate, tous sexes et disciplines confondus, à obtenir deux récompenses Nobel, étant déjà récipiendaire du prix de physique en 1903.

La médecine a ouvert le bal des Nobel 2019 lundi avec le sacre de deux Américains William Kaelin et Gregg Semenza, ainsi que du Britannique Peter Ratcliffe, auteurs de découvertes sur l’adaptation des cellules au manque d’oxygène qui ouvrent des perspectives prometteuses dans le traitement du cancer et de l’anémie.

Le prix de physique est allé mardi au Canado-Américain James Peebles, qui a mis ses pas dans ceux d’Einstein pour éclairer les origines de l’Univers, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz qui, les premiers, ont révélé l’existence d’une planète en dehors du Système solaire.

Suivra la littérature, jeudi, qui doit voir sacrés deux lauréats, l’un pour 2018, l’autre pour 2019, après que l’Académie suédoise qui le décerne en a reporté l’attribution l’an dernier en raison d’un scandale d’agression sexuelle.

Le lauréat du Nobel de la paix sera dévoilé vendredi à Oslo avant le prix d’économie, qui conclura cette saison lundi. Les lauréats reçoivent un chèque de 9 millions de couronnes (830 000 euros), à se partager le cas échéant entre récipiendaires d’un même prix, ainsi qu’une médaille et un diplôme.

Source: lemonde.fr

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