La forte proportion de cas asymptomatiques complique la lutte contre le Covid-19 – Le Monde


Test de dépistage du coronavirus à Quiberon (Morbihan), le 29 juillet.

L’équation est simple : en testant plus, on trouve plus de cas positifs de Covid-19. Et en testant tous azimuts, sans cibler de populations particulières, on identifie plus de cas asymptomatiques, de personnes ne se sentant pas malades. Ces personnes porteuses du virus qui l’ignorent, n’ayant pas pris les mêmes précautions qu’un malade, sont devenues des propagateurs du virus sans le savoir.

Selon le dernier point épidémiologique de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France (SpF), en date du jeudi 30 juillet, les personnes asymptomatiques représentaient 51 % des cas positifs dans la semaine du 20 au 26 juillet, un pourcentage en baisse puisqu’il était de 55 % deux semaines plus tôt. Les asymptomatiques représentaient cependant 65 % de l’ensemble des personnes testées, une statistique stable par rapport aux semaines précédentes.

Nombre de cas de Covid19 et taux d'incidence en France métropolitaine

« On n’empêchera pas les jeunes de faire la fête »

La forte proportion des personnes asymptomatiques parmi les cas dépistés positifs est à mettre en regard avec l’incidence du virus chez les 20-30 ans − alors que le taux d’incidence est de 8,6 cas en moyenne pour 100 000 personnes en France métropolitaine, il est le double pour les 20-29 ans. « [Les asymptomatiques et les jeunes] sont deux identités qui peuvent se recouper mais, attention, des jeunes peuvent aussi développer des formes graves de la maladie, prévient l’infectiologue Jean-François Delfraissy. Et d’autres [tranches d’âge] que les jeunes peuvent être asymptomatiques. Sans compter les asymptomatiques qui vont voir apparaître des symptômes trois jours plus tard : les présymptomatiques. »

Pour le président du conseil scientifique, installé en mars par le gouvernement, il n’y a qu’une méthode : « Il faut rentrer dans une stratégie encore plus active de dépistage, aller plus dans les zones touristiques, autour des clusters identifiés, là où les systèmes de soins sont plus absents. »

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Deux stratégies doivent se compléter, explique Jean-François Delfraissy. D’un côté, le médical : « Suivre le fil d’Ariane des personnes contacts autour des cas contaminés, c’est la logique de la symptomatologie. » Le reste est une question de santé publique, dit-il, de dépistage massif, notamment dans les zones de forte concentration de population.

« On n’empêchera pas les jeunes de faire la fête, c’est compliqué culturellement, mais on peut leur dire de porter un masque et, surtout, de se faire tester fréquemment », professe Yazdan Yazdanpanah, le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat, à Paris, et membre du conseil scientifique.

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Source: lemonde.fr

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