La baisse des naissances marque le pas en France – Le Monde

Est-ce la fin du décrochage ? En 2019, 753 000 enfants sont nés en France. Soit 6 000 de moins qu’en 2018. Même si la baisse des naissances se poursuit depuis cinq ans, elle marque le pas cette année, avec un ralentissement minime de 0,7 % en 2019 par rapport à l’année précédente. En 2015, la baisse s’élevait à 2,4 %, rappelle l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans son dernier bilan démographique, dévoilé mardi 14 janvier. « Elle est passée à 1,9 % en 2016, puis 1,8 % en 2017 et 1,4 % en 2018 », détaille l’institut de statistiques.

L’époque faste des années du « baby-boom », entre 1946 et 1974, et de ses 800 000 naissances annuelles en France métropolitaine, est indéniablement révolue. Maisla France demeurait, en 2017 (date des dernières données complètes d’Eurostat), le pays le plus fécond de l’Union européenne (UE), et elle était, au 1er janvier 2019, le deuxième pays le plus peuplé de l’UE, derrière l’Allemagne. La ­contribution aux naissances des femmes immigrées, qui font plus d’enfants que les natives, reste cependant marginale en raison de leur faible poids dans la popu­lation. Dans une publication récente, l’Institut national d’études démographiques (INED) précisait qu’elle relève seulement de 0,1 enfant le taux de fécondité national.

Infographie Le Monde

Dans son bilan, l’Insee rappelle que les naissances dépendent à la fois du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. Pour le premier aspect, il est connu que la population des femmes de 20 à 40 ans – tranche d’âge la plus féconde – diminue depuis les années 1990. Quant à la fécondité, elle s’établit en 2019 à 1,87 enfant par femme, en dessous du seuil permettant le renouvellement des générations, fixé à 2,1. Mais cet indicateur conjoncturel de fécondité, lui aussi, se stabilise pour la première fois, à la suite de quatre ans de baisse entre 2010 et 2014. Après s’être établi autour de 2,0 enfants par femme entre 2006 et 2014, il s’élevait ainsi à 1,88 en 2018.

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Cette stagnation de la baisse est la nouveauté la plus importante du bilan, sur laquelle ses auteurs ont choisi de titrer. Mais quelles conclusions en tirer ? Pour le géographe Laurent Chalard, deux scénarios peuvent être envisagés pour le futur : « Soit une stabilisation de la fécondité les prochaines années qui conduirait à une légère remontée du nombre de naissances, car les générations des années 2000 sont plus nombreuses. Soit une poursuite de la baisse de la fécondité, qui conduirait le nombre de naissances à son plus bas niveau depuis 1945. » A ce stade, il est toutefois impossible d’effectuer un pronostic.

Source: lemonde.fr

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