Guerre commerciale : Trump menace de taxer à 25% les automobiles européennes – Le Figaro

Donald Trump a relancé ce mercredi à Davos, lors du Forum économique mondial, la menace d’une taxe américaine sur les importations européennes de voitures. «Il est plus difficile de négocier avec l’Union européenne qu’avec quiconque. Ils ont profité de notre pays pendant tant d’années», a-t-il dit dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News. «Au final ce sera très simple parce que, si nous ne pouvons pas faire d’accord commercial (avec l’UE), nous devrons mettre une taxe de 25% sur leurs voitures.» Ces déclarations font suite à la rencontre hier, entre Donald Trump et Ursula Von der Leyen, la chef de l’exécutif européen, dans le cadre de ces négociations commerciales.

Depuis son élection, Donald Trump n’a eu de cesse de dénoncer le déficit commercial entre l’Union européenne et les États-Unis. Visiblement peu convaincu par son entretien avec la présidente de la Commission européenne, Trump a donc à nouveau brandi la menace d’une taxe contre l’Europe. Lors d’une conférence de presse ce mercredi, le président américain a soutenu que les États-Unis ont perdu «150 milliards de dollars» par an. «L’UE a des barrières tarifaires, des droits de douane dans tous les sens. Il est plus difficile de faire du business avec eux qu’avec la Chine», a-t-il déclaré. Il a également évoqué la possibilité de ne pas se limiter aux taxes sur les automobiles, sans donner plus de précisions.

Interrogé sur la date à laquelle pourrait se mettre en place cette nouvelle taxe, il a répondu qu’aucun calendrier n’avait été fixé avant d’ajouter: «J’ai une date en tête et c’est une date plutôt rapprochée.» Le président américain s’est cependant dit convaincu de pouvoir parvenir à un accord commercial UE-USA avant l’élection présidentielle de novembre prochain. «Ils n’ont pas d’autre choix», a-t-il enfoncé.

La taxe numérique, autre volet de négociation

Un deuxième sujet brûlant de négociation concerne la taxe instaurée en juillet dernier par le gouvernement français sur les entreprises numériques. Mais alors que les sanctions américaines contre cette taxe ne devaient porter que sur des produits comme le vin, le champagne et les fromages (pour 2,4 milliards de dollars de produits français), le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, également présent à Davos, a évoqué la menace d’une taxe sur les automobiles comme un moyen de pression supplémentaire. «Si l’on veut imposer arbitrairement des taxes sur nos entreprises numériques, alors nous envisagerons d’imposer des taxes arbitrairement sur les constructeurs automobiles», a-t-il menacé. Les deux sujets de discorde – balance commerciale et taxe numérique – se retrouvent donc liés, au grand dam de Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie français, qui souhaiterait les voir traiter de manière séparée.

Ce dernier doit s’entretenir ce mercredi à Davos avec Steven Mnuchin en vue de parvenir à un compromis sur cette taxe sur les géants du numérique. Après un entretien entre les présidents Emmanuel Macron et Donald Trump ce week-end, la France avait indiqué envisager de «suspendre» cette année le prélèvement de la taxe afin d’éviter les sanctions américaines, mais aussi pour se donner plus de temps pour trouver un accord mondial au sein de l’OCDE.

D’autres pays de l’UE ont emboîté le pas de la France : l’Autriche et l’Italie ont introduit une taxation nationale, l’Espagne et le Royaume-Uni y réfléchissent également. Le ministre des Finances britannique Sajid Javid a d’ailleurs dit à Davos que Londres entendait «mettre en place en avril» sa taxe sur le numérique, laquelle a été «conçue comme une taxe temporaire qui tombera quand il y aura une solution internationale.»

Les menaces de Washington contre la France et plus largement l’UE interviennent alors que les États-Unis ont signé la semaine dernière avec la Chine un accord préliminaire mettant fin à deux années de guerre commerciale entre les deux puissances économiques. «Je voulais attendre d’en finir avec la Chine. Je ne voulais pas m’occuper de la Chine et de l’Europe en même temps. Maintenant, la Chine c’est fait», a commenté Donald Trump sur CNBC.

Source: lefigaro.fr

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