Elections municipales 2020 : la campagne de Benjamin Griveaux à Paris inquiète les macronistes – Le Monde


Meeting de Benjamin Griveaux, à Paris, le 16 janvier.
Meeting de Benjamin Griveaux, à Paris, le 16 janvier. NICOLAS MESSYASZ / SIPA

« Le pire, ce serait que les deux se neutralisent autour de 15 %. » Au début de l’été, quand Cédric Villani menaçait de se lancer en solo, les macronistes avaient une crainte : que Benjamin Griveaux et son rival en interne se retrouvent au coude à coude, peu avant les élections municipales. Sans aucun candidat qui perce réellement dans les intentions de vote et qui apparaisse en mesure de l’emporter à Paris. Un scénario noir que les proches d’Emmanuel Macron redoutaient au plus haut point, alors que le chef de l’Etat avait décidé de ne pas intervenir, en espérant qu’un des deux prétendants s’impose naturellement.

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Six mois plus tard, « le pire » est advenu. Selon un sondage IFOP-Fiducial pour Le Journal du dimanche et Sud Radio paru dimanche 19 janvier, Anne Hidalgo, la maire sortante socialiste, obtiendrait 25 % des voix au premier tour, devant la candidate du parti Les Républicains (LR), Rachida Dati (19 %), laissant derrière Benjamin Griveaux (15 %) et Cédric Villani (13 %) à la lutte avec l’écologiste David Belliard (14 %).

Les résultats de cette enquête d’opinion ont eu un effet dévastateur au sein de la majorité, en venant anéantir les espoirs de conquête de nombreux macronistes dans la capitale. En dehors de la garde rapprochée du candidat investi par La République en marche (LRM), une vague d’inquiétude a envahi tous les étages du pouvoir. Qu’ils soient au gouvernement, au groupe à l’Assemblée nationale ou au parti, peu croient dans les chances de Benjamin Griveaux de l’emporter. « Il ne peut pas y arriver car c’est mal parti depuis le début », tranche un ministre. « Sincèrement, je pense qu’il est cuit parce qu’il n’a aucune réserve nulle part, ni chez Hidalgo, ni chez Dati, ni chez les Verts, et naturellement pas chez Villani », se désole à son tour un pilier de la majorité.

Un constat partagé par plusieurs députés LRM. « C’est voué à l’échec car il commet trop d’erreurs », juge ainsi une élue, en pointant « l’incohérence » de l’attelage que construit M. Griveaux, avec des ralliements venant aussi bien de la gauche que de la droite. Tous, surtout, jugent rédhibitoire son profil clivant. « Il n’est pas aimé. Il a une mauvaise image et ça, c’est très dur à changer », regrette un de ses partisans.

« La seule alternance crédible »

Au-delà du candidat lui-même, le fait qu’il soit distancé par Rachida Dati dans la bataille pour la deuxième place inquiète particulièrement les macronistes. Plusieurs d’entre eux craignent que la candidate LR apparaisse désormais comme le « vote utile » anti-Hidalgo dans une élection aux allures de référendum pour ou contre la maire sortante. « Le risque, c’est que ceux qui aiment bien Hidalgo continuent à la soutenir ; et que ceux qui ne l’aiment pas voient Dati comme la meilleure option pour tourner la page Hidalgo », analyse un ministre.

Source: lemonde.fr

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