Confinement : a-t-on vraiment les mesures «les plus restrictives d’Europe» ? – Le Parisien

Attestation pour se déplacer, rares dérogations, contrôles policiers… L’air grave, Christophe Castaner a détaillé, lundi soir puis ce mardi midi, le nouvel arsenal français pour lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus. Il a même, à plusieurs reprises, présenté ces mesures de confinement comme étant « les plus restrictives d’Europe ».

Les déplacements sont désormais extrêmement limités partout en France. Les seules possibilités de sortir de chez soi sont d’aller faire ses courses alimentaires, de se rendre au travail quand le télétravail est impossible, de se déplacer pour raison de santé ou en cas de « motif familial impérieux », ou, enfin, pour faire un du sport individuel (jogging, vélo, etc) ou promener son animal de compagnie. Et il faut systématiquement remplir une attestation sur l’honneur.

Autour de nous, les autres grands pays européens touchés par l’épidémie de coronavirus ont aussi pris des mesures, plus ou moins rigides, pour lutter contre sa propagation. Concernant le confinement à domicile, les deux modèles les plus durs et qui se rapprochent le plus de celui désormais instauré en France sont ceux en Italie et en Espagne.

Sorties dérogatoires

La péninsule italienne, le pays le plus touché, est aussi le premier à avoir mis en place des mesures de confinement, dès le début du mois de mars. Le principe est le même qu’en France : lorsqu’on se déplace à l’extérieur de chez soi, il faut être muni d’une attestation sur l’honneur téléchargeable sur le site du gouvernement et que l’on présente aux forces de l’ordre. Mais, parmi les motifs possibles à cocher, on ne trouve que « besoins de travail avérés », « situation de nécessité », « raisons de santé », ou « retour à domicile » si on n’y était pas au moment de l’entrée en vigueur des mesures.

VIDEO. Coronavirus : «Restez chez vous», martèle Christophe Castaner

Le site du gouvernement italien précise qu’il reste permis de faire de l’activité physique en solitaire ou de promener son animal de compagnie, comme en France. En revanche, toute activité physique en extérieur est prohibée en Espagne, comme le montre ce visuel partagé par la mairie de Madrid.

Documents à présenter

En France, présenter l’attestation sur l’honneur (ou une carte d’activité professionnelle pour les médecins, par exemple) suffit généralement. Dans le cas du déplacement domicile/travail, un justificatif de l’employeur est également requis. En Italie, les règles prévoient en plus d’avoir sur soi un certificat médical dans certains cas. Mais, dans les faits, le formulaire gouvernemental à remplir soi-même peut suffire. Reste à savoir quelle sera la tolérance en France.

Amendes plus élevées

Le montant de l’amende encourue si on se déplace sans motif autorisé est aussi plus élevé chez nos deux voisins européens. En France, elle est fixée à 38 euros mais elle pourrait monter jusqu’à 135 euros, a averti Christophe Castaner. Avec un très court répit : les forces de l’ordre ne verbaliseront personne durant les premières heures du confinement ce mardi, a fait savoir la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

En Italie, on risque jusqu’à 206 euros d’amende et une peine de 3 mois d’emprisonnement. 120 000 contrôles ont été effectués entre vendredi et dimanche dernier, et seuls 2% ont donné lieu à une verbalisation. En Espagne, l’amende peut monter jusqu’à 600 euros si on désobéit aux consignes des forces de l’ordre, voire 600 000 euros et un an de prison en cas de «non-respect répété des instructions », rapporte le journal El Independiente.

L’armée en renfort

En France, 100 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans tout le pays pour s’assurer que les mesures sont bien respectées par la population. En Italie, l’armée a aussi été mobilisée dans les gares pour contrôler les personnes qui doivent absolument se déplacer. Même chose dans les rues de certaines villes en Espagne, où les contrôles ont également lieu sur des « points fixes et mobiles », indique El Pais. A Madrid, quelques heures avant l’entrée en vigueur du confinement dans la nuit de samedi à dimanche, les agents ont aussi fait appel à des drones pour demander, par haut-parleur, de rester au maximum à la maison.

Des courses que deux fois par semaines… en Chine

Voici ce qui rend, sur certains aspects, le confinement plus restrictif de l’autre côté des Alpes ou des Pyrénées. Encore Christophe Castaner n’a-t-il évoqué que ce qui se fait en Europe. En Chine, dans la province du Hubei, où les premiers cas de coronavirus ont été recensés en janvier, les transports en commun avaient été mis totalement à l’arrêt. Dans certaines villes, on ne pouvait sortir faire ses courses que deux fois par semaine et en présentant un ticket fourni par les autorités.

Et la reconnaissance faciale a pu servir, dans les provinces les plus touchées, à identifier des gens sortis de chez eux alors qu’ils n’en avaient pas le droit. Peut-être le prix à payer, puisque seuls quatre nouveaux cas locaux de coronavirus ont été identifiés dans le pays ce lundi, contre plus de 100 au pus fort de la crise sanitaire, en février.

VIDÉO. Coronavirus : la Chine ferme des hôpitaux de fortune suite à la baisse de l’épidémie

Source: leparisien.fr

Geef een reactie