En Algérie, l’armée réitère son soutien au président après l’expiration du délai d’intérim

En l’absence d’une élection présidentielle, Abdelkader Bensalah reste à la tête de l’Etat, faisant entrer le pays dans un vide constitutionnel.

Publié aujourd’hui à 17h21, mis à jour à 18h18

Temps de Lecture 2 min.

Abdelkader Bensalah, ancien président du Sénat, assure l’intérim du pouvoir algérien depuis la chute du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril 2019.
Abdelkader Bensalah, ancien président du Sénat, assure l’intérim du pouvoir algérien depuis la chute du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril 2019. RYAD KRAMDI / AFP

Le chef d’état-major de l’armée en Algérie, Ahmed Gaïd Salah, a réaffirmé, mercredi 10 juillet, le soutien de l’institution militaire au président Abdelkader Bensalah, dont l’intérim aurait dû s’achever mardi selon la Constitution, mais qui reste à la tête de l’Etat en l’absence d’élection présidentielle.

« Le dernier message du chef de l’Etat » constitue une « approche raisonnable et sensée » pour « sortir le pays de sa crise », a dit le général Gaïd Salah dans un discours prononcé lors d’une cérémonie officielle et retranscrit par le ministère de la défense. « Autant que nous encourageons et soutenons son contenu, nous considérons sa démarche comme l’une des étapes importantes à franchir sur la voie de la résolution appropriée de cette crise », a-t-il ajouté.

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A ce titre, il a réitéré le souhait de l’armée de la tenue d’une présidentielle « dans les plus brefs délais, à travers l’adoption de la voie du dialogue national ».

Dans un discours à la nation, le 3 juillet, M. Bensalah a proposé l’élaboration d’un « dialogue » pour préparer le scrutin présidentiel dans lequel ni les autorités politiques ni l’armée ne seraient selon lui impliquées.

Cette proposition n’a pas calmé les manifestants, qui ont de nouveau défilé le surlendemain dans les grandes villes du pays pour un vingtième vendredi consécutif, en réclamant le départ de tous les anciens fidèles du président déchu, Abdelaziz Bouteflika.

« Cercles hostiles à l’Algérie »

Elle est intervenue six jours avant la fin de l’intérim assuré par M. Bensalah, au terme des quatre-vingt-dix jours écoulés depuis sa désignation.

L’ancien président du Sénat a toutefois été de facto prolongé à ce poste, pour une durée indéterminée, du fait de l’annulation de la présidentielle prévue le 4 juillet : aucun candidat n’a été retenu pour ce scrutin rejeté par la contestation.

Depuis la démission forcée de M. Bouteflika le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée, c’est toutefois le général Gaïd Salah qui est devenu l’homme fort du pays.

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Dans son discours de mercredi, il a explicitement mis en garde ceux qui cherchent à faire croire que l’Algérie n’est pas ou plus un « Etat civil », en référence à l’un des slogans des manifestants.

Les « slogans mensongers, (…) comme réclamer un Etat civil et non militaire », constituent « des idées empoisonnées (…) dictées par des cercles hostiles à l’Algérie et à ses institutions », a argué Ahmed Gaïd Salah. « Tous les efforts qu’a consentis par l’institution militaire jusque-là sont des efforts qui respectent essentiellement l’intérêt suprême de la patrie », a-t-il ajouté.

A ce titre, l’armée considère que la prochaine présidentielle sera « le premier fruit constitutionnel et légal » devant apporter les « solutions » aux « problèmes » du pays.

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