En Roumanie, le libéral Klaus Iohannis en tête du premier tour de la présidentielle – Le Monde

Le président sortant devrait affronter Viorica Dancila au second tour. Les résultats officiels sont attendus lundi.

Par Mirel Bran Publié aujourd’hui à 21h41, mis à jour à 22h51

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Klaus Iohannis lors d’une conférence de presse à Bucarest, le 10 novembre.
Klaus Iohannis lors d’une conférence de presse à Bucarest, le 10 novembre. INQUAM PHOTOS / REUTERS

Libéral d’origine allemande et proeuropéen, Klaus Iohannis, président sortant, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle organisé en Roumanie, dimanche 10 novembre. Avec 36 % des voix, selon les premières estimations, le candidat du Parti national libéral (PNL) devance la sociale-démocrate et ex-Première ministre Viorica Dancila (PSD, 26 %), 55 ans, renversée par le parlement le mois dernier, et Dan Barna (13 %), 44 ans, représentant d’un jeune parti également proeuropéen (USR Plu).

Des résultats officiels sont attendus lundi. En intégrant la prise en compte des votes de la diaspora favorable au camp libéral, dont un nombre record de 650 000 a exprimé son suffrage, ils pourraient changer la donne. Et à en croire les commentateurs politiques, l’hypothèse d’un second tour l’opposant M. Iohannis à Dan Barna, porte-parole d’un parti souvent présenté comme une version roumaine de la « République en marche » n’est pas totalement impossible.

Fin d’une longue bataille contre le PSD

A 60 ans, dont 20 en politique, M. Iohannis n’en reste pas moins le grand vainqueur de dimanche. Et le scrutin marque déjà l’épilogue de sa longue bataille face aux sociodémocrates. Si l’homme a fait campagne en promettant de continuer à moderniser un pays encore marqué par le passé de la dictature communiste l’ex professeur de physique et ancien leader du Forum démocrate des Allemands de Roumanie, a surtout mis en avant la préservation de l’Etat de droit qui, selon lui, aurait été bafoué par sa concurrente sociale-démocrate et ex-chef du gouvernement. « Les Roumains décident aujourd’hui de l’avenir de leur pays pour les prochaines années », avait-il déclaré dimanche au moment de voter.

Depuis son retour au pouvoir en 2016, le PSD, qui s’était présenté comme le défenseur des intérêts nationaux contre les institutions communautaires, est accusé par Bruxelles d’avoir tenté de museler la justice. Le PSD aurait tenté de blanchir le casier judiciaire de son chef, Liviu Dragnea, condamné en 2016 à trois ans de prison avec sursis pour fraude électorale et Mme Viorica Dancila aurait, pour cela, déclenché une offensive contre les magistrats. Ces attaques n’ont pas abouti. En partie du fait M. Iohannis qui n’eut de cesse, d’affronter ce gouvernement. En mai, il organise un référendum à titre consultatif visant à interdire le pardon ou l’amnistie en faveur de personnes condamnées pour corruption et à empêcher au gouvernement de recourir à des ordonnances d’urgence dans le domaine judiciaire.

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Confiance du parlement obtenue le 4 novembre

En dépit d’un appel plus ou moins franc au boycott de la part du PSD, la consultation est remportée haut la main par le camp de Iohannis, offrant un désaveu cinglant aux sociodémocrates. Six mois plus tard, une motion de censure renversant le gouvernement de Mme Dancila marquera une nouvelle défaite du PSD. Elle sera suivie par la victoire du PNL qui, après avoir obtenu la confiance du parlement le 4 novembre, avec l’appui, notamment du parti USR-Plu, portera au pouvoir le proeuropéen Ludovic Orban.

Le vote en faveur de ce nouveau gouvernement de centre droit, mettra ainsi fin à une crise politique qui a contribué à retarder la mise en place de la nouvelle Commission à Bruxelles présidée par l’Allemande Ursula von der Leyen, dont l’équipe était incomplète du fait, entre autres, de l’absence d’un commissaire roumain, pressenti pour le portefeuille des transports. La sociale-démocrate Viorica Dancila avait tenté d’imposer ses proches à Bruxelles, à commencer par Rovana Plumb, dont la candidature avait été rejetée fin septembre par le Parlement européen en raison de conflits d’intérêts.

« Si Dancila affronte Iohannis au deuxième tour, il faut s’attendre à une campagne linéaire et ennuyeuse. Iohannis ayant toutes les chances de gagner. Si Barna est au second tour, la bataille des quinze prochains jours sera bien plus intense », conclut l’analyste Radu G. Magdin dans une note publiée dimanche, n’écartant pas la possibilité d’une victoire d’un « cygne noir », un outsider. Le second tour est prévu le 24 novembre.

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Source: lemonde.fr

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