Budget 2020 : le choix social de l’exécutif – Le Monde

Présenté le 27 septembre, le projet de loi de finances privilégie le pouvoir d’achat des ménages au détriment de la réduction du déficit.

Par Audrey Tonnelier Publié aujourd’hui à 22h00

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Un budget pour l’acte II du quinquennat. Après un hiver placé sous le signe des « gilets jaunes » et un printemps consacré au grand débat et aux annonces d’Emmanuel Macron pour désamorcer la crise sociale, le projet de loi de finances (PLF) 2020, qui sera présenté vendredi 27 septembre en conseil des ministres, reflétera les arbitrages d’une année qui a fait vaciller le mandat d’Emmanuel Macron.

Le texte porte la trace des quelque 17 milliards d’euros de mesures annoncées par le chef de l’Etat entre décembre et avril. Il actera la baisse de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu au 1er janvier prochain et la réindexation sur l’inflation des petites retraites, qui s’ajouteront à la poursuite des mesures d’urgence annoncées en fin d’année dernière (revalorisation de la prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires). Le dernier tiers de la taxe d’habitation (TH) sera supprimé pour 80 % des Français.

Le PLF comportera aussi un important volet de réforme de la fiscalité locale, rendue nécessaire par la disparition programmée de la TH pour les 20 % des Français les plus aisés entre 2021 et 2023. Un chamboule-tout fiscal qui oblige à trouver des ressources – probablement une partie de la TVA – pour compenser le manque à gagner des collectivités. « Sur la fiscalité locale, les débats risquent d’être tendus », concède une source gouvernementale.

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Un PLF « tourné vers les classes moyennes et populaires »

Compte tenu de toutes ces mesures, mais aussi d’un ralentissement de la croissance l’an prochain (+ 1,3 % attendu contre + 1,4 % au printemps dernier), Bercy a transmis vendredi 13 septembre au Haut Conseil des finances publiques, pour avis, une prévision de déficit de 2,2 % du PIB l’an prochain. Soit un alourdissement de 0,1 point de PIB (un peu plus de 2 milliards d’euros) par rapport aux dernières prévisions du gouvernement, fin juin.

C’est nettement moins que les 3,1 % de déficit attendus cette année, mais uniquement parce que le budget 2019 est marqué par la double comptabilisation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisation cette année. Hors CICE, le déficit s’établirait cette année autour de 2,2 % à 2,3 % du PIB, proche de celui de 2020.

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